Le blog de Louis Porcher

Buzz

Je suis incapable de trouver dans ma mémoire (mon disque dur ? mon logiciel ?) de quand date ce mot particulièrement évocateur, qui connote certes le bruit d’un ordinateur qui déraille, mais aussi, plus lointainement ou plus suggestivement, le ronflement d’un essaim d’abeilles. C’est probablement une mixture des deux qui pourrait expliquer la valeur sémantique prime du mot « buzz », désormais omniprésent (dans les médias, certes, mais aussi dans les conversations simples entre deux citoyennes ou citoyens).

Logiciel

Même pour un titre, on ne trouve pas un autre mot. Celui-ci appartient en effet, dorénavant, au vocabulaire courant, que tout le monde comprend (c’est-à-dire au sujet duquel tout le monde est d’accord sans pour autant être capable de la définir opératoirement). On ne peut d’ailleurs pas dire que ce soit un mot barbare, il est même proche de mots anciens, habituels, que chacun d’entre nous utilise sans difficultés. Personne n’a été surpris par une telle apparition, une telle construction.

Lancement du disque

Des aspects de l’informatique ont été dénommés de telle façon que les mots utilisés parlent immédiatement au commun des mortels, vous et moi, et leur « disent quelque chose ». Ce qui, pour les professionnels de l’informatique, n’était sans doute, au départ, qu’une métaphore et peut-être même un simple procédé mnémotechnique, devient ainsi un mot commun, auquel tout un chacun prête une signification particulière, mais sans savoir opératoirement laquelle.

Ô Gutenberg

L’effet lexical des technologies contemporaines (appellation passe-partout, employée ici par pure commodité) est considérable, on l’a dit souvent. Peut-être convient-il de souligner ici l’aspect multiple de cette influence, le labyrinthe des trajectoires engendrées par l’informatique en général et plus particulièrement les téléphones portables et toutes leurs variantes. Le vocabulaire quotidien est radicalement contaminé, désormais, par cette modernité.

Langue française de choix

Un phénomène curieux et riche se perpétue, qui est complètement négligé par les enseignants de français langue étrangère alors que, manifestement, ils touchent de près à la langue et à la culture qu’ils sont censés transmettre et illustrer : depuis longtemps, des écrivains décident, à un moment donné, d’écrire en français alors que cette langue n’est pas leur langue natale et que, éventuellement, ils ne s’y sont mis qu’à un âge relativement tardif.

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