Le blog de Louis Porcher

Cultures étrangères

 

Toutes les sociétés vivantes, aujourd’hui, sont multiculturelles (et peuvent donc devenir interculturelles). Une entité nationale est donc toujours faufilée de cultures étrangères, en son sein, plus ou moins fermement intégrées à elle. Lorsqu’on parle donc de « culture française », il faut y inclure ces cultures dont l’appartenance relève d’un ailleurs quelconque et multiple. La bigarrure culturelle de la communauté nationale considérée atteint ainsi son achèvement.

Admises ou reconnues

Les langues régionales ont, certes, changé largement de statut depuis une trentaine d’années. La charte européenne les concernant a été presque partout adoptée, mais certains pays (comme la France) n’en ont pas entériné tous les articles. Il s’agit, donc, chez nous, d’une reconnaissance un peu bâtarde, qui confère officiellement aux langues régionales une place au sein de la nation, mais ne constitue pas un adoubement véritable, une admission pleine.

Savoir et pédagogie

La sempiternelle querelle, violente dans les discours parce que ses protagonistes sont des spécialistes des mots qu’ils prennent, tacitement entre eux, pour des actes, entre les tenants d’une suffisance d’un savoir académique sur une discipline pour enseigner celle-ci, et les défenseurs d’une primauté de la pédagogie, c’est-à-dire des manières de « faire la classe » pour permettre aux élèves en général, et à chacun  d’eux en particulier, de s’éduquer, est non seulement lassante mais sans rime ni raison.

Diversité des opérations

En langues vivantes, la guerre entre les connaissances et les manières de les faire passer montre chaque jour son absurdité spécifique. Ce qui compte prioritairement, pour les élèves, c’est d’acquérir la capacité de pratiquer une langue, de la comprendre et de s’exprimer en elle, c’est-à-dire, en somme de l’utiliser concrètement. Il devrait être clair pour tous que l’intérêt principal, en termes d’urgence et de quantité d’intéressés, d’une langue est de nature instrumentale. Seules les modalités d’usage occupent les soucis d’apprenants.

Raconter

« Dès qu’il y a langage, écrivait Austin, il y a métaphore » : cette analyse remarquable de l’immense linguiste indique fortement et avec clarté, qu’on ne saurait réduire une langue à un ensemble de règles, aussi rigoureuses soient-elles, aussi calibrées, aussi abstraites, aussi « scientifiques ».

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