Le blog de Louis Porcher

Autodidaxies

Il convient, préalablement, de donner une définition rigoureuse du concept d’autodidaxie. C’est un apprentissage solitaire sans aucune aide institutionnelle, aucun enseignant en chair et en os, donc. En revanche, les matériels pédagogiques considérés par l’impétrant comme adéquats, font partie de l’autodidaxie. On sait qu’en France (mais bien ailleurs aussi), les méthodes élaborées pour cette pratique sont particulièrement nombreuses, Assimil restant la plus connue.

Littératures

A cet égard, la pédagogie des langues étrangères s’est, depuis toujours, divisée en deux camps, bien entendu antagonistes, et qui, tous les deux, profèrent hautement le contraire de ce qu’ils préconisent par ailleurs : l’autre camp (donc l’autre tout court) se compose d’abrutis, d’ignares, d’arrogants, de sectaires, qui ne comprennent rien à ce qu’est un enseignement efficace des langues. L’un et l’autre sont constamment en train d’excommunier l’autre.

Comme un natif

L’expression a, durant des décennies, fait beaucoup de dégâts. Elle était courante dans les discours quotidiens de tous ceux qui parlent pour ne rien dire et se contentent de tonitruer des banalités. Mais, plus gravement, elle se mit à encombrer les enceintes scolaires, comme un mode de sélection capable de départager les bons élèves en langue vivante des moins bons. Parler comme un natif constituait le sommet de cette pyramide, l’indépassable, l’Everest.

Langues en récit

Une des difficultés traditionnelles de tout enseignement des langues consiste à amener les élèves à comprendre qu’une langue et une (générique) culture sont toujours non seulement étroitement et intrinsèquement liées, mais, en plus, intriquées, insérées l’une dans l’autre, souvent même indémêlables ou indissociables. Or, en considérant un enseignement comme relevant du storytelling, on crée des conditions optimales pour allier apprentissages linguistiques et apprentissages culturels.

Usage, utilité

Au fur et à mesure que les langues devenaient des composantes très concrètes de la vie quotidienne, et aussi un atout professionnel considérable, les normes de l’apprentissage s’en sont trouvées modifiées, progressivement et comme de manière invisible. Mais, malgré ce qui constituait de fait une pression, l’enseignement, lui, a beaucoup moins clairement changé. Il n’a pas suivi le mouvement et sa distance à l’utilité s’est, donc, mécaniquement, accrue.

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