Le blog de Louis Porcher

Techno-linguistiques ?

On peut apprécier la puissance d’une réalité quelconque en évaluant sa capacité d’influence sur les formes langagières figurées. Vieille vérité des travaux sur une langue. Nous sommes en train de traverser, in vivo, une période telle qu’une invention récente mais de présence massive dans nos vies quotidiennes, intervient sur les manières, orales et/ou écrites, de pratiquer notre idiome. Nous ne portons évidemment aucune espèce de jugement sur le phénomène. Nous le transcrivons seulement.

Portables

« Les brèves de comptoir » de Jean-Marie Gourio, tous ceux qui s’intéressent à l’anthropologie quotidienne, et notamment aux manières de parler et, plus généralement encore aux comportements communicables journaliers (en particulier au bistro, bien entendu), devraient s’en servir, par petits traits, et réfléchir aux modalités langagières multiples auxquelles ils participent sans toujours, nécessairement, prendre conscience des transformations qui s’opèrent en ce domaine, au fil des jours.

L’anglais-français

L’autre jour, l’un de mes amis, vieil homme retraité lui aussi, a failli perdre pied en me racontant son désarroi devant une jeune femme qui lui disait être invitée dans une « show-room » réputée à une exposition haut de gamme à laquelle elle tenait, mais ajoutait-elle, je suis affolée parce que je ne sais pas du tout quel est le « dress-code ». Bon, désarçonné, il s’est montré incapable de la débarrasser de son inquiétude, ne connaissant pas lui-même ces mots.

Le capital social

C’est une espèce de capital social, radicalement déterminant dans la vie quotidienne, notamment sur le plan de l’insertion sociale et que, pendant longtemps, l’école s’est refusée à « travailler » ». Le capital social, en effet, c’est l’ensemble des gens et des institutions que vous connaissez et qui vous connaissent (cette réciproque est évidemment d’importance décisive).

Capital culturel II

Le capital culturel objectivé donne un rôle considérable à l’héritage : en effet, qui a été élevé au milieu des livres, ou des tableaux, ou avec un piano (ou, comme il n’est pas rare, avec les trois ensemble) possède un énorme avantage éducatif (et scolaire) sur qui a grandi dans un espace dépourvu de tout « matériau culturel ». Les caractéristiques de la scolarisation, aujourd’hui, sont telles qu’elles valorisent cet héritage et constituent, pour qui n’en a pas bénéficié, une sorte de handicap qui aura beaucoup de mal à se combler.

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