Le blog de Louis Porcher

Linguistique et sociologie

Au cours de ma longue carrière, je n’ai pratiquement jamais entendu un de mes collègues (didacticiens de langue), ni même un étudiant, citer de Bourdieu autre chose que Ce que parler veut dire. C’est un bon livre certes, mais, d’un autre côté, un simple recueil d’articles, où Heidegger, par exemple, côtoie de la linguistique spécialisée. Je suis sûr que Bourdieu faisait peur, d’une part, et que, d’autre part, les chers collègues se sont arrangés pour écarter cet empêcheur de penser en rond, de leur « tout petit monde » et de ses certitudes de peu de poids pourtant.

Bourdieu

Il ne s’est pas fréquemment exprimé, dans ses écrits, sur les problèmes de l’enseignement des langues.

Parler pour ne rien dire

Lorsque Pierre Bourdieu est venu à l’Alliance Française de Paris, en avril 1986, c’était dans le cadre du séminaire que j’avais organisé pour le lancement de l’ASDIFLE. Comme nous étions un peu en retard (j’étais allé le chercher au Collège de France et nous avions déjeuné au Balzar, le restaurant le plus proche), il en avait fait une maladie et m’avait seriné, le temps du court voyage du quartier latin à l’Alliance, qu’il ne lui était jamais arrivé de montrer ainsi du retard quand il allait « rencontrer des collègues ».

Définitions

Dans ma jeunesse, on disait joliment que le système éducatif se caractérisait par sa « viscosité », c’est-à-dire sa faible capacité et sa lenteur (et aussi ses résistances) à se transformer. Et pourtant il se modifie sans que ses acteurs (enseignants) ne s’en aperçoivent toujours. De ce point de vue, l’histoire de l’éducation (et pour nous, singulièrement, celle de notre discipline) est particulièrement éclairante. Les contributions de la SIHFLES sont, à cet égard, très précieuses et nous aident à mieux mesurer le chemin parcouru.

SMS

Je me sens totalement démuni devant la communication quotidienne par SMS. Non que je méprise le phénomène, au contraire, et j’en fais d’ailleurs un  usage quotidien. C’est la forme qui me gêne, celle que les plus jeunes maîtrisent parfaitement, entre eux, et qui, de fait, exclut toute une partie de la population. Il s’agit d’un savoir-faire (qui résulte, comme les autres, d’un savoir) dont les protagonistes ne mesurent pas les tenants et les aboutissants. Je suppose bien qu’on l’acquiert, qu’il n’est nullement interdit, mais je n’accède pas à cet univers partagé.

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