Le blog de Louis Porcher

Les étudiants sont parmi nous

Une autre lacune, profondément béante, de ce fameux palmarès de Shanghai c’est l’absence quasiment totale de prise en compte de l’enseignement dans les universités. Je conçois bien qu’on mette l’accent sur la recherche, mais je n’accepte pas qu’on néglige, qu’on méprise, qu’on ignore les activités dites pédagogiques. Dans toutes les sociétés et sous tous les régimes, l’université compte parmi ses fonctions, la formation des étudiants, l’élaboration de leurs compétences, l’ameublement de leurs esprits.

Sciences sociales

On a beaucoup critiqué, et souvent à tort et à travers, les « classements de Shanghai », pour ses manques, ses lacunes, ses choix et ses erreurs. On épilogue peu, en revanche, sur le fait qu’il provienne de Chine, qui incarne pourtant un avenir incertain et auquel il importerait, me semble-t-il, de porter attention. Bon. Parmi les déficits couramment dénoncés, figure la très faible place (au minimum) réservée aux sciences sociales. Tout semble orienté vers l’efficacité technologique, le pragmatisme scientiste (et non scientifique).

Les effets escomptés de l’enseignement supérieur

Dans la « lutte pour les étrangers », la France, comme tous les autres pays, part avec un handicap sur le monde anglo-saxon : la langue. C’est pourquoi, chez nous, un nombre de plus en plus important des enseignements est délivré en anglais. On peut comprendre qu’un certain nombre de nos concitoyens se montrent effrayés (pour dire le moins) par cette tendance. C’est que le but principal de l’université a radicalement évolué au cours des dernières années : il consiste aujourd’hui, presque exclusivement à préparer à un métier.

Etrangers

Bien entendu, ce développement volontariste du tissu universitaire touche essentiellement les pays forts (regroupés, depuis un bon moment maintenant) dans le G8 ou, parfois, le G20. On laisse carrément sur le bord du chemin les pays émergents (comme on dit joliment maintenant) et les nations les plus petites, même si, éventuellement, elles sont efficaces et émargent aux plus « pointues » de la planète.

Compétition

Ce que met en évidence le « classement de Shanghai » (et tous ceux qui se préparent un peu partout), c’est non seulement la mondialisation universitaire (et on ne voit pas bien pourquoi les enseignements supérieurs échapperaient au mouvement global de la planétarisation), mais la naissance, de plus en plus visible, de la compétition entre les pays à travers leurs universités. Aucun ne s’y est trompé.

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