Le blog de Louis Porcher

Compétition

Ce que met en évidence le « classement de Shanghai » (et tous ceux qui se préparent un peu partout), c’est non seulement la mondialisation universitaire (et on ne voit pas bien pourquoi les enseignements supérieurs échapperaient au mouvement global de la planétarisation), mais la naissance, de plus en plus visible, de la compétition entre les pays à travers leurs universités. Aucun ne s’y est trompé.

Hiérarchie des langues

Il y a belle lurette que le célébrissime combat entre le français et l’anglais est devenu lui-même obsolète. C’était un match entre deux prétentions à dominer le monde. Pour l’instant, l’anglais l’emporte sans la moindre discussion. Ne pas le voir c’est être aveugle. L’accepter est une autre histoire. Mais c’est de politiques linguistiques en général qu’il s’agit. Je regrette infiniment que cette dimension soit totalement, ou presque, négligée par les didacticiens des langues.

Langues et hiérarchies

On glose beaucoup sur les critères du « classement de Shanghai », et effectivement il y a de quoi. Il ne prend pas en compte, par exemple, l’enseignement, qui incarne pourtant l’une des principales responsabilités des universités ; il ne s’intéresse qu’à la recherche qui, elle aussi, certes, engage largement l’université, mais ne saurait en être la seule dimension. En outre, « le » Shanghai surestime considérablement ce qu’on peut encore appeler les sciences dures (en gros celles de la matière) et sous-évalue la part des sciences humaines.

Classements

Le palmarès de Shanghai, dès sa première publication, a semé une pagaille noire dans l’univers éducatif et dans le monde entier. Chacun a multiplié les objections, et même les injures, en hurlant à l’injustice, à l’absence de rigueur, au piston, à la manipulation. Mais en même temps, depuis, tout le monde (c’est le cas de le dire) attend, dans l’anxiété et la crispation, la publication annuelle de son évolution. Cet objet est à la fois une référence, au sens strict (on le mentionne à chaque fois, en continuant à le vilipender), et une détestation.

Pour un retour à une pédagogie par objectifs

Il est impossible, pour l’instant, dans l’état actuel de la réflexion sur la didactique des langues et, en particulier, du français langue étrangère, de dresser un storytelling de notre discipline ; il faut bien, donc, se borner à quelques souvenirs historiques, de temps en temps, quand le besoin s’en fait sentir. Une telle approche n’a qu’une pertinence modérée, certes, puisqu’elle renonce à toute continuité et à toute globalisation, les deux caractéristiques majeures d’une pensée scientifique véritablement en mouvement.

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