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Langues en récit

Une des difficultés traditionnelles de tout enseignement des langues consiste à amener les élèves à comprendre qu’une langue et une (générique) culture sont toujours non seulement étroitement et intrinsèquement liées, mais, en plus, intriquées, insérées l’une dans l’autre, souvent même indémêlables ou indissociables. Or, en considérant un enseignement comme relevant du storytelling, on crée des conditions optimales pour allier apprentissages linguistiques et apprentissages culturels.

Usage, utilité

Au fur et à mesure que les langues devenaient des composantes très concrètes de la vie quotidienne, et aussi un atout professionnel considérable, les normes de l’apprentissage s’en sont trouvées modifiées, progressivement et comme de manière invisible. Mais, malgré ce qui constituait de fait une pression, l’enseignement, lui, a beaucoup moins clairement changé. Il n’a pas suivi le mouvement et sa distance à l’utilité s’est, donc, mécaniquement, accrue.

Des voies obliques

Il y a sans doute beaucoup d’illusions dans les choix langagiers et pédagogiques qu’on se sent capables d’opérer soi-même. La plupart du temps, les impétrants sous-estiment le travail à fournir, ou, si l’on préfère, surestiment leurs propres compétences d’apprenant (et cela essentiellement parce que les langues vivantes, en vraie grandeur, paraissent aisées d’accès et ne pas poser d’innombrables problèmes d’apprentissage). La proximité entre langue authentique et langue à apprendre, est la racine de cette illusion.

Apprentissages sauvages

Les médias qui, par leur exemple et leur capacité de pénétration, constitueraient, à première vue, la voie optimale que pourrait choisir un autodidacte, ont désormais déclaré forfait, depuis qu’ils sont très brutalement soumis aux impératifs d’audience, donc de publicité, donc d’argent. Pendant plusieurs années, la principale chaîne publique de télévision a diffusé un programme d’apprentissage de l’anglais (d’ailleurs excellent) ; il est dorénavant balayé.

Offres d’apprentissage

Offres d’apprentissage à géométrie variable

Les « objectifs spécifiques », qui n’ont jamais été clairement définis en termes de compétences langagières nécessaires, ou, au moins, prioritaires, sont en train de disparaître de l’horizon théorique de la didactique des langues dans la mesure où, désormais, on ne peut plus guère affirmer la pertinence de cette notion floue depuis toujours, de « français général ». Il n’y a plus, à parler opératoirement, que des « français à objectifs spécifiques » (ou toute autre langue étrangère, bien entendu).

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