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Le français de Paris : le cadenas du FLE

Le mot cadenas, vous connaissez ? A Paris, ça se prononce «  cad’na ». Hé oui ! Dans  cadenas,  le e est caduc mais l’amour ne l’est pas. Vous allez voir…

Tous les amoureux et tous les touristes s’y précipitent ! Où ? Mais voyons, sur le Pont de l’Archevêché, derrière Notre Dame ! Qu’est-ce qui s’y passe ? Vous ne savez pas ? Le monde entier s’y précipite ! Mais les cadenas des amoureux !

Thune(s)

Un trait fascinant, dans l’argot, est formé par des mots qui se trouvent exprimés (donc exprimables) de manière multiple. On sait, par exemple, que l’argent possède une flopée d’équivalents argotiques, dont, probablement, chacun joue un rôle distinctif sociologiquement, c’est-à-dire selon les strates d’appartenance, c’est-à-dire encore plus précisément, selon les strates auxquelles on veut faire croire qu’on appartient (comme, plus « scientifiquement » (?) chez Labov, à travers, par exemple, de l’hypercorrection phonétique de la petite bourgeoisie américaine).

Théâtre-FLE et phonétique ou comment se prendre la tête

Pour monter une pièce de théâtre avec vos étudiants de FLE, il faut commencer par lire l’œuvre avec eux. Il faut l’oraliser, la mettre en bouche, quoi ! Mais voilà, si on veut faire du français et du théâtre à la fois, rien n’est plus difficile car les questions fusent sur la prononciation et il faut savoir y répondre. Ça commence avec tous ces petits mots, interjections ou onomatopées que l’on trouve dans les textes, du style « hé hé », « eh ! », « hep », « euh euh ».

« Heup, lit tout à coup Maria Dolorosa.

Sonorités

Quand j’étais très jeune, en classe de troisième, j’ai été témoin d’une scène qui reste encore pour moi aujourd’hui, fortement énigmatique, bien qu’elle ne revête aucune importance, même sans doute linguistiquement. Nous avions subi une dictée dans laquelle se trouvait un mot au moins directement issu de l’italien. L’une des questions sur le texte consistait à proposer d’autres noms dérivés de cette langue. Nous nous sommes allègrement lancés, en privilégiant une terminaison en « o ».

Fatigues

Il y a, quelque part dans l’œuvre de Proust, une analyse de ce qu’il appelle magnifiquement « les épuisés infatigables », tous les individus qui se régénèrent en parlant, qui reprennent des forces dans la conversation, comme si la parole constituait pour eux un carburant. Je suis persuadé que nous en connaissons tous plusieurs, de ces gens qui semblent faits pour parler, discuter, aligner des phrases.

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