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Le français de Paris : le o et le o !

J’ai un groupe d’étudiants en médecine. Je leur donne des cours de FOS, du Français sur objectif spécifique, du français médical dans leur cas. Seulement, j’ai un grave problème : les Jeux Olympiques sont passés par là, la télévision et ses accents régionaux aussi. Mes étudiants ne parlent plus que de  « perfôrmance spôrtive », de « médailles d’ôr »,  de « ski acrôbatique », de « so à la perche fôrmidable »… Bref, ils  mélangent tous les sons o.

Liaisons mal t’à propos

Il semble bien qu’existent des erreurs électives en ce qui concerne les liaisons, à l’oral. Je ne parlerai même pas de celles qui, désormais, ne se pratiquent plus du tout, alors qu’elles ont une valeur sémantique décisive. Après ils ou elles, par exemple, on ne prononce plus la liaison, si bien qu’il devrait s’agir, en bonne logique, de il ou elle. J’ai tendance à penser qu’il s’agit d’un snobisme, mais je n’exclus pas tout à fait qu’en vérité c’est une ignorance de conjugaison qui s’exprime ainsi.

Langues maternelles ?

Dans le bistro où je me rends chaque matin pour boire un café, la clientèle est constituée de ce que l’on eut appelé autrefois « le petit peuple ». Ce sont essentiellement des ouvriers des chantiers voisins, des hommes. Mais la modernité étant ce qu’elle est devenue, ils sont massivement étrangers, si bien que les conversations juxtaposées se déroulent en de multiples langues qui, je m’en amuse à chaque fois, se côtoient dans les rires et les fortes paroles.

Mélanges langagiers

Si vous vous trouvez à côté de deux (ou plusieurs) étrangers qui parlent la même langue maternelle, vous pouvez constater rapidement que cette parlure étrangère est entrelardée de quelques mots de français ou même de morceaux d’énoncés francophones, qui ne provoquent aucun réaction chez les interlocuteurs et ne se manifestent par aucune rupture de ton, de rythme ou de volume chez le locuteur. Comme une sorte d’idiome en soi, à la fois ancien et singulier.

Phoner ?

« T’es où là ? ». Désormais c’est une sorte de discours obligé et la légende s’est déjà emparée de cette espèce de psalmodie. Si bien qu’on ne sait plus s’il s’agit seulement d’un stéréotype ou d’abord d’une pratique effective. Notons d’ailleurs, au passage, qu’on ne transcrit jamais : « Où es-tu là ? », comme si cette forme interrogative relativement tendue (c’est-à-dire simplement ordinaire dans l’ordre de la parole) était évitée.

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