Geneviève Baraona : un parcours voyageur

Après une formation CAPES Lettres mention FLE à l’Institut des Professeurs de français à l’étranger, Geneviève BARAONA est envoyée par le MAE comme lectrice à Sarajevo et en Chine, puis comme Attachée linguistique à Singapour et Co- Directrice de l’Alliance française à Hong-Kong.

Elle met en place le DELF et LE DALF dès 1986, crée des cours d’interculturel, élabore des formations à l’image, aux médias, à  l’oral,  dans des cultures où l’écrit prédomine, où en pleine période « communicative » avec Archipel, on observe chez l’enseignant déstabilisé un retour en force de la grammaire-traduction.  Dans ce contexte, passer à Café-Crème représente un défi.

Ayant obtenu le stage long du BELC, elle aura la chance de devenir titulaire de la première Maîtrise FLE créée à Paris III sous l’égide de Louis Porcher, fondateur de l’ASDIFLE. Elle en devient alors membre et l’est encore. Occupant actuellement un poste de Vice-Présidente, elle représente l’association auprès de la FIPF (pour la commission de l’Europe de l’Ouest), s’occupe en partie des publications émanant des rencontres annuelles, participe à leur organisation et à leur promotion auprès des publics qu’elle côtoie. Elle organisa  les journées consacrées aux migrants (cahiers n°15 Français et Insertion) et à la Littérature (cahiers n°22, épuisé,  Littérature et FLE).

En rentrant en France en 1997, avant d’être détachée  comme PRAG (Professeure Agrégée)  à Paris III et à l’Inalco  où  elle donna des cours de langues  aux étudiants « Internationaux », des cours de Didactique du FLE et Medias, Littérature et Interculturel aux étudiants de Licence et Master, elle enseignera en Classe d’Accueil, dans le secondaire, aux enfants de Migrants, tout en restant chargée de cours à l’Université.  Elle s’attache alors, liant théorie et pratique, didactique et pédagogie, à créer des partenariats Ecole/Université : des étudiants de Paris III valideront des unités pédagogiques en Classe d’Accueil, élaboreront des mémoires concernant des problématiques de classe, français langue seconde, langue d’enseignement , statut de l’erreur et évaluation, pédagogie différenciée.

Durant son parcours éclectique, elle occupera aussi à mi-temps un poste de chargée de mission à la DGLFLF (Délégation à la Langue Française et aux Langues de France) pour la Maîtrise de la langue et l’Education, ainsi qu’à RFI au service Langue Française pour y élaborer une émission de sensibilisation à la littérature « Tout un roman » en direction des étudiants étrangers  hors de France apprenant le français en semi- autonomie, par la radio.

Titulaire d’un doctorat en Sciences de l’Education  portant sur la littérature des écrivains étrangers écrivant en français comme élément fort d’une formation à l’Interculturel, elle s’intéresse aux parcours de vie, et à leur écriture, à la rencontre de l’autre à travers sa langue, à la reconnaissance du plurilinguisme. Elle s’appuie sur l’éducation comparée, la sociologie, les ouvrages où la prise en compte de la complexité (Edgard Morin)  amène à une pensée d’identités non « racines » mais « rhizomes » (Edouard Glissant).

Membre de l’Institut du tout Monde, pratiquant le Tai Chi, la lecture à voix haute et les ateliers d’écriture, elle se sent concernée par  l’enseignement du français dans le secondaire en Europe (CEO), les  problématiques de la migration, et de la mise en mots de l’exil. Elle reste chargée de cours en didactique du FLE à l’Institut national des langues et civilisations orientales, fait partie  de l’équipe de recherche PLIDAM (Pluralité des Langues et des Identités : Didactique, Acquisition, Médiations) qui lui est rattachée, et de TRANSIT LINGUA (Travaux en Réseaux, Approches Nouvelles en Situations Interculturelles et Transnationales). 

A père militaire enfant voyageur

En rentrant, elle découvre la France et son système scolaire comme une planète inconnue : langue de bois et sigles dans les réunions administratives, calendrier et programmes scolaires  rythmes les résultats ; on parle beaucoup de pédagogie, on innove peu, la borne en est les frontières de l’hexagone souvent où  et les salles de profs, il ne fait pas bon avoir  en France, cette planète inconnue, son parcours restera « voyageur » : la découverte du monde de l’éducation nationale dans le  secondaire, lui est une nouvelle fois propice à mieux développer quelques langues : administrative et de bois, mais aussi -exposée à la diversité de celles des adolescents venus de tous horizons, comme des étudiants des Langues orientales, apprenant des langues « lointaines » ou « rares »-  serbo-croate, chinois, espagnol.

Mots-clés :