Etrangers

Bien entendu, ce développement volontariste du tissu universitaire touche essentiellement les pays forts (regroupés, depuis un bon moment maintenant) dans le G8 ou, parfois, le G20. On laisse carrément sur le bord du chemin les pays émergents (comme on dit joliment maintenant) et les nations les plus petites, même si, éventuellement, elles sont efficaces et émargent aux plus « pointues » de la planète. Dans ce peloton de relégués on trouve aussi bien quelques « grands pays » par ailleurs, l’Inde ou le Brésil, par exemple, que les nations anciennes et développées mais qui sont restées, par leur faible volume de population, sur les marges de l’Histoire : c’est le cas, parmi bien d’autres, des pays scandinaves ou des Pays-Bas.

Du coup, les pays dominateurs veulent des universités les plus attractives possibles, de manière qu’elles « draguent » le plus d’étrangers possibles. Ceux-ci sont devenus, au fil des années, un enjeu universitaire de première importance. Certains même affirment (Le Monde du 31 août 2012) qu’il faut en tripler le nombre. Il s’agit bel et bien, pour ces pays puissants, sous le prétexte de démocratisation, de ponctionner les ressources intellectuelles de pays dominés, non pas nécessairement pour les confisquer à leur profit, mais pour améliorer les conditions de fonctionnement de la mondialisation les plus optimales pour « l’intérêt de tous ».

Il y a, certes, quelques soubresauts malencontreux, ou, simplement, détestables, comme celui produit par un précédent ministre de l’intérieur qui, obnubilé par ses craintes pathologiques de « l’étranger », cherchait à fermer les frontières aux étrangers, y compris aux étudiants. Dans l’ensemble, irrésistiblement, les étrangers qui étudient sont vus comme un enrichissement, une source intarissable et constituent donc un enjeu de la compétition internationale.