Les effets escomptés de l’enseignement supérieur

Dans la « lutte pour les étrangers », la France, comme tous les autres pays, part avec un handicap sur le monde anglo-saxon : la langue. C’est pourquoi, chez nous, un nombre de plus en plus important des enseignements est délivré en anglais. On peut comprendre qu’un certain nombre de nos concitoyens se montrent effrayés (pour dire le moins) par cette tendance. C’est que le but principal de l’université a radicalement évolué au cours des dernières années : il consiste aujourd’hui, presque exclusivement à préparer à un métier.

Je ne suis pas tout à fait sûr qu’il s’agisse d’une heureuse modification. Il me semble en effet que la fonction ancienne de l’université, qui consistait à distribuer du capital culturel, sans se préoccuper réellement de l’avenir professionnel des étudiants, devrait être conservée, même si, à l’évidence, dans le monde tel qu’il est devenu, le souci du métier est à prendre en compte. Pas au point, toutefois, d’occulter tout le reste.

Qu’espère-t-on, authentiquement, des étrangers qui, très heureusement, peuplent nos universités (comme celles des Etats-Unis ou de la Grande-Bretagne) ? La réponse est simple et rude : qu’ils conservent, une fois rentrés dans leur pays, la trace positive de l’enseignement qu’ils ont reçu « abroad » et que, au moment des choix économiques importants, ils choisissent plutôt la France que n’importe quelle autre « concurrente ». L’accueil des étrangers, évidemment  très favorable à l’expansion du français langue étrangère, est donc, à la fois, désintéressé et intéressé. Je laisserai à de plus malins que moi le soin de démêler l’enchevêtrement de ces deux vecteurs apparemment opposés. L’important, pour l’instant, c’est de développer encore cet accueil grand ouvert.