Multiplicité des sources

Sans doute l’extrême complexité de l’enseignement supérieur français, contribue-t-elle, pour un peu, à la relativement mauvaise place de celui-ci dans le classement de Shanghai (encore qu’il faille relativiser : une huitième position ne constitue pas un rang catastrophique et les cris d’orfraie de quelques potentats et de quelques journalistes, ne doivent pas nous effrayer parce que, au fond, ils ne représentent jamais que les gémissements habituels des pleureuses professionnelles, qui sont aussi disqualifiées qu’ignorantes)

Il est vrai que nous faisons fort : les I.U.T. (Instituts universitaires technologiques), les grandes écoles et les universités, une vache n’y retrouverait pas son veau. Pour les esprits pressés et ils sont de plus en plus nombreux à vouloir que tout change tout de suite, comme avec une baguette magique, la solution consiste à supprimer les filières qui, en somme, dérogent, I.U.T. et grandes écoles surtout. C’est évidemment absurde et le public, lui, celui qui « fournit » les étudiants, ne s’y trompe pas. Il sait qu’il existe des hiérarchies et s’efforce d’en bénéficier, même si les strates dominées ne possèdent pas les bons outils pour s’orienter dans ce maquis.

Les grandes écoles, par exemple, fonctionnent bien. Exciper de l’esclavage qu’elles requerreraient des élèves dans les classes préparatoires, relève de la plaisanterie ignorantissime. Je le sais, j’y suis passé et je n’en suis pas mort. J’en conserve même d’excellents souvenirs. Ce qui est vrai, en revanche, c’est qu’il convient impérativement de trouver les moyens d’articuler au mieux, l’efficacité des grandes écoles et les souplesses de l’université. On en parle depuis un siècle, mais presque toujours avec des sous-entendus et des intentions  cachées : il faut s’y atteler sérieusement, renoncer à vouloir supprimer, mais, au contraire, chercher à enrichir.