Offres d’apprentissage

Offres d’apprentissage à géométrie variable

Les « objectifs spécifiques », qui n’ont jamais été clairement définis en termes de compétences langagières nécessaires, ou, au moins, prioritaires, sont en train de disparaître de l’horizon théorique de la didactique des langues dans la mesure où, désormais, on ne peut plus guère affirmer la pertinence de cette notion floue depuis toujours, de « français général ». Il n’y a plus, à parler opératoirement, que des « français à objectifs spécifiques » (ou toute autre langue étrangère, bien entendu).

Puisque tous les français, même l’ancien français général, sont manifestement spécifiques, la seule source de variation d’un enseignement-apprentissage se trouve incluse dans les besoins langagiers de l’apprenant potentiel de français langue étrangère : concrètement dans la « quantité » d’enseignement, la durée de celui-ci, son intensité, etc. A l’extrême, certaines demandes d’apprenants visent un objectif très mince : par exemple venir passer quelques jours à Paris, pour des Japonais qui se voient offrir un tel séjour par leur entreprise comme récompense de x années de bons et loyaux services. Ces gens réclament un apprentissage, donc un enseignement, mais ne se donnent nullement pour but « d’apprendre le français » au sens où on l’entend académiquement. Il ne s’agit pas d’une requête floue, mais d’un besoin strictement périmétré, circonscrit, qui, pour ces personnes, n’a pas d’au-delà. Et il en va pareillement quel que soit le « volume » et, donc, les limites de l’apprentissage réclamé. Il est largement temps d’approprier la durée d’un enseignement aux objectifs effectifs des apprenants (de très restreint à l’indéfiniment étendu) et non plus, comme les grandes institutions continuent à le faire le plus souvent, à décréter qu’on n’apprend quelque chose d’utile langagièrement qu’au-delà de deux cents heures d’enseignement (par exemple). Qui, en effet, peut légitimement se permettre de décider à la place d’un apprenant de ce dont il a besoin ? Certainement pas un formateur, en tout cas, ni un « centre de langues » quelconque.