Capital culturel

Sur le modèle du capital économique (et le capital social dont je parlerai ultérieurement), se caractérise par trois composantes : son volume (il est plus ou moins grand), sa diversité (il a telle ou telle structure), et la disponibilité qu’il montre à la gestion de la personne qui en est dotée : il peut être cultivé, accru, mais il peut être aussi gaspillé et diminué, comme il peut demeurer stagnant.

Le capital culturel, c’est celui qui est constitué par l’ensemble de mes connaissances et de mes savoirs. C’est une richesse immatérielle donc, mais celle-ci n’est pas la moins précieuse. On voit bien qu’il est plus ou moins grand selon les individus. On voit aussi qu’il est plus ou moins diversifié : certains sont dotés d’une culture littéraire, ou picturale, ou musicale, ou corporelle (danse par exemple), d’autres sont riches en compétences mathématiques, ou chimiques, etc., d’autres encore possèdent une compétence plus ou moins grande dans tel domaine artisanal (tel le bon menuisier d’Aristote qui sait repérer les « lois du bois » et leur obéir).

On saisit aussi qu’un tel capital est d’abord (chronologiquement) hérité. La famille transmet ce qu’elle sait. Il peut être aussi « objectivé », c’est-à-dire incarné dans des objets : les livres enferment la culture littéraire et celle-ci, dans les rayons d’une bibliothèque, est, en quelque sorte, enfouie en eux. Nul d’entre nous n’ignore ces différences d’héritage culturel au premier moment où les élèves pénètrent pour la première fois dans le vaste palais éducatif. Nous savons tous aussi que cette différence de volume entre les capitaux culturels (y compris langagier, bien entendu) rend d’emblée inégale la compétition scolaire. Je déplore vivement, pour ma part, qu’on ne travaille pas sur cette base-là.