L'Ecole des fascicules de vie

Pierre Rosanvallon, Professeur d’histoire au Collège de France, (il crée en 2002 La République des idées pour lutter expliquait-il contre « la dérive démocratique ») lance un site internet participatif raconterlavie.fr en même temps qu’une collection d’ouvrages avec l’ambition de constituer un « Parlement des invisibles », titre de son dernier opus expliquant son projet.

Son dessein, mêler, hors catégories socio-culturelles, écrivains et quidam venus de tous horizons et mélanger, dans cette collection, récits littéraires et bruts, ces derniers considérés comme aussi légitimes que les textes des professionnels de l'écrit, récits qui d’habitude ne sont ni vus, ni lus (chercheurs) participant de l’invisibilité sociale de vies ordinaires et/ou précaires, dénonciation en creux d’une représentation collective sériant les appartenances.

L’édition s’appuiera sur une parution dans les quotidiens de Province, et  de petits ouvrages courts publiés au Seuil (livres à 5,90 euros en 2000 points de vente). On trouve déjà les titres : Moi, Anthony, ouvrier d’aujourd’hui (témoignage de l’invisibilité d’une condition), La femme aux chats (récit rapporté d’une femme qui résiste en se construisant ailleurs des respirations).

Sur le site internet raconterlavie.fr apparaissent des "récits" : les nuits d'une infirmière aux urgences, l'itinéraire d'un "décrocheur" scolaire, celui d'un professeur retraité ou encore celui d'un comptable "passionné par les échecs et l'Antiquité" qui laisse tout pour ouvrir sa librairie, la vie d’un chauffeur-livreur, le quotidien d'un chercheur ou encore l'expérience d'un jeune précaire.

Les récits sont classés selon des rubriques « changement de vie », « impossible séparation, « manque de respect », « vivre low cost »…Ils ne constituent ni n’appellent des opinions, mais en se répondant,  sollicitent d’autres récits, tel en est l’esprit.

Pour M. Rosanvallon, ce projet représente une démarche "citoyenne" capable de "redonner un socle à la démocratie" avec "une société civile plus vivante ".

Il avoue s’être inspiré de l'expérience "Les Français peints par eux-mêmes" au XIXe siècle, l’ouvrage « La France invisible" publié quelques mois avant l'élection présidentielle de 2007, sans oublier Pierre Bourdieu et "La misère du monde".

Pourtant, un site promettant « Le roman vrai de la société d'aujourd'hui. Soyez-en les personnages et les auteurs », déclenche forcément la méfiance d’un Christian Salmon (auteur de Storytelling)  déclarant que ce « Parlement des invisibles », constitue un projet de « storytelling intégré », soumis à l'air du temps, sans inédit du fait de l'existence des blogs. Il souligne que l'injonction au récit parachève le projet néolibéral de transformer les individus en « performer » de leur propre histoire.

Pierre Rosanvallon allègue qu’en l’écrivant, on réinvente sa vie. Quelle forme d’évaluation des récits se fera jour ? Cette écriture, cette banque de textes authentiques, ne pourrait-elle intéresser les spécialistes du FLE, pour la lecture, l’écriture dans l’apprentissage de la langue –culture et la réflexion sur notre société ?       Pierre Rosanvallon, Professeur d’histoire au Collège de France, (il crée en 2002 La République des idées pour lutter expliquait-il contre « la dérive démocratique ») lance un site internet participatif raconterlavie.fr en même temps qu’une collection d’ouvrages avec l’ambition de constituer un « Parlement des invisibles », titre de son dernier opus expliquant son projet.

Son dessein, mêler, hors catégories socio-culturelles, écrivains et quidam venus de tous horizons et mélanger, dans cette collection, récits littéraires et bruts, ces derniers considérés comme aussi légitimes que les textes des professionnels de l'écrit, récits qui d’habitude ne sont ni vus, ni lus (chercheurs) participant de l’invisibilité sociale de vies ordinaires et/ou précaires, dénonciation en creux d’une représentation collective sériant les appartenances.

L’édition s’appuiera sur une parution dans les quotidiens de Province, et  de petits ouvrages courts publiés au Seuil (livres à 5,90 euros en 2000 points de vente). On trouve déjà les titres : Moi, Anthony, ouvrier d’aujourd’hui (témoignage de l’invisibilité d’une condition), La femme aux chats (récit rapporté d’une femme qui résiste en se construisant ailleurs des respirations).

Sur le site internet raconterlavie.fr apparaissent des "récits" : les nuits d'une infirmière aux urgences, l'itinéraire d'un "décrocheur" scolaire, celui d'un professeur retraité ou encore celui d'un comptable "passionné par les échecs et l'Antiquité" qui laisse tout pour ouvrir sa librairie, la vie d’un chauffeur-livreur, le quotidien d'un chercheur ou encore l'expérience d'un jeune précaire.

Les récits sont classés selon des rubriques « changement de vie », « impossible séparation, « manque de respect », « vivre low cost »…Ils ne constituent ni n’appellent des opinions, mais en se répondant,  sollicitent d’autres récits, tel en est l’esprit.

Pour M. Rosanvallon, ce projet représente une démarche "citoyenne" capable de "redonner un socle à la démocratie" avec "une société civile plus vivante ".

Il avoue s’être inspiré de l'expérience "Les Français peints par eux-mêmes" au XIXe siècle, l’ouvrage « La France invisible" publié quelques mois avant l'élection présidentielle de 2007, sans oublier Pierre Bourdieu et "La misère du monde".

Pourtant, un site promettant « Le roman vrai de la société d'aujourd'hui. Soyez-en les personnages et les auteurs », déclenche forcément la méfiance d’un Christian Salmon (auteur de Storytelling)  déclarant que ce « Parlement des invisibles », constitue un projet de « storytelling intégré », soumis à l'air du temps, sans inédit du fait de l'existence des blogs. Il souligne que l'injonction au récit parachève le projet néolibéral de transformer les individus en « performer » de leur propre histoire.

Pierre Rosanvallon allègue qu’en l’écrivant, on réinvente sa vie. Quelle forme d’évaluation des récits se fera jour ? Cette écriture, cette banque de textes authentiques, ne pourrait-elle intéresser les spécialistes du FLE, pour la lecture, l’écriture dans l’apprentissage de la langue –culture et la réflexion sur notre société ?