Gender studies

Les Etats-Unis, depuis longtemps, s’intéressent aux « genres », mais ils le font sérieusement et systématiquement. Il y a des chaires de « gender studies » dans la plupart des universités, on publie des livres savants sur le sujet, les journaux qui ont pignon sur rue consacrent à discuter le thème des pages et des pages. L’important est de constater qu’ils ne parlent que de « gender studies », d’études sur le genre et non pas d’une quelconque théorie du genre. Or, c’est ce que nous avons fait dès que quelques chevau-légers ont entrepris de « populariser » les genres.

Nous aimons être un peuple de théoriciens. Or, qu’est-ce qu’une « théorie du genre » ? Pour le dire clairement, personne n’en sait rien. Le fond de l’affaire est le suivant : on naît avec des différences biologiques entre garçons et filles. Personne ne le nie (contrairement à ce que hurlent quelques soldats perdus de l’humanisme). A la naissance se superposent des rôles attribués aux garçons et aux filles par un « élevage » (et une éducation) presque toujours patriarcaux. Papa fume et maman coud, c’est vieux comme le monde. En résulte une inégalité sociale, pratiquement universelle (sauf peut-être en Scandinavie), entre les hommes et les femmes.

De là à élucubrer qu’une certaine fraction de la société veut transformer les petites filles en petits garçons et que l’Ecole prête la main à cette absurdité, il y a un gouffre. L’Ecole fait son métier qui consiste à ce que chaque élève puisse comprendre, et assimiler, qu’il n’y a aucune raison de discriminer les femmes. C’est exactement le même phénomène qu’en biologie aux Etats-Unis où un pourcentage considérable de la population refuse que l’école enseigne le transformisme : la seule vérité serait le créationnisme : Dieu a créé le monde tel qu’il est, de toute éternité.