Classements

Le palmarès de Shanghai, dès sa première publication, a semé une pagaille noire dans l’univers éducatif et dans le monde entier. Chacun a multiplié les objections, et même les injures, en hurlant à l’injustice, à l’absence de rigueur, au piston, à la manipulation. Mais en même temps, depuis, tout le monde (c’est le cas de le dire) attend, dans l’anxiété et la crispation, la publication annuelle de son évolution. Cet objet est à la fois une référence, au sens strict (on le mentionne à chaque fois, en continuant à le vilipender), et une détestation.

Particulièrement ici, en France. Pensez : trois établissements universitaires seulement figurent dans ce palmarès et pas dans les premiers rangs. La tête du peloton est toujours la même, depuis dix ans : Harvard, Stanford, Princeton, Cambridge et Oxford. C’est effectivement un peu louche : que des universités anglo-saxonnes. On a un peu de mal à y croire. Les critères du choix viennent inévitablement dans les discussions : ils sont, pour l’essentiel, simples et limpides, sans que cela préjuge pour autant de leur validité.

Le nombre de prix Nobel (ou leurs équivalents), le volume des publications et le nombre de citations qu’elles produisent dans d’autres publications, figurent au premier rang. La France n’est pas transcendante dans ces domaines, tout en restant cependant parmi les premières places mondiales. Au total et dit à gros traits, la parution de ce palmarès et l’attention qu’on lui porte partout, montre, mieux que n’importe quelle argumentation, que le champ éducatif est devenu mondial et qu’une concurrence féroce s’y déroule. Jamais l’enseignement n’avait constitué un tel enjeu planétaire. C’est pourquoi, un peu partout, et particulièrement ici, on s’efforce de bouleverser l’organisation universitaire.