Après tout

Depuis quelque temps déjà, les médias sont envahis par un emploi de « after » à toutes les sauces. Il ne faudra donc pas longtemps, pour que nous-mêmes soyons assaillis, entre nous, du mot anglais. Je ne vois toujours pas en quoi « after » est supérieur à « après ». Il n’est ni plus long ni plus court, ni plus distingué, ni moins, ni plus cultivé, ni moins.

Retour imprévu

 

C’est une expression née très récemment et dont j’ai l’impression qu’on ne la rencontre que sous une forme écrite, dans la rédaction d’un courrier. Non pas, certes, d’une correspondance personnelle parce qu’il y a belle lurette que celle-ci a été remplacé par des mails ; mais dans les courriers professionnels, ceux qui ont toujours eu besoin d’une certaine solennité (souvenez-vous, ceux qui en ont l’âge, de l’importance quantitative considérable, naguère, des manuels « pour bien rédiger ses lettres ») et, donc, d’une forme revendiquée.

Manières de parler

Plus personne, désormais, à part quelques puristes dépassés (comme moi, et … vous aussi, j’espère) ne s’embarrasse des liaisons qui paraissaient naturelles et ne demandaient aucun effort, contrairement à ce que voudraient nous faire croire nos modernes Trissotins, à la télévision surtout. « Il y a (par exemple) d’autre amis » (je mets l’adjectif exprès au singulier pour mieux indiquer la prononciation). A écouter la rumeur publique, dire, comme jadis et naguère, d’autres-z-amis, est complètement ringard et dépassé, par des gens qui ne suivent pas l’évolution de la langue courante.

Une femme, un homme, quelconques

Les médias, disait le philosophe Alberoni, il y a longtemps (un demi-siècle) c’est « la vedettisation des hommes quelconques ». La remarque était prophétique en une époque où la sphère médiatique se trouvait à peine en train de naître. On peut aujourd’hui remarquer que les médias, de plus en plus, scandent notre vie, nous enserrent et même, de manière indiscutable pour qui s’efforce que garder les yeux ouverts, se substituent peu à peu à notre quotidienneté habituelle.

L’endroit où il faut être

Peut-être l’avez-vous remarqué, comme moi, il y a désormais des endroits où il faut être. Comme on dit, « c’est là que ça se passe », sans que nul ne soit en mesure de définir le « ça ». La Rochelle était, il y a quelque temps « the place to be », puisque c’est dorénavant de cette manière qu’il faut exprimer cette nécessité. L’anglais est beaucoup plus distingué que le français, Proust lui-même a suffisamment moqué cette tendance qui envahissait déjà son époque.

Pages

Subscribe to Association de didactique du FLE RSS