Louis Porcher, né en 1940 dans les Deux-Sèvres, fils d’instituteurs, est reçu à l’Ecole Normale Supérieure (ENS) de Saint-Cloud en 1959 et obtient l’agrégation de philosophie en 1963.

D’abord assistant à l’Ecole Normale, puis maître-assistant, il devient professeur des universités en 1974, à l’ENS. Il termine sa carrière à Paris III Sorbonne-Nouvelle (de 1983 à 2000).

Après une thèse de 3ème cycle en psychologie, il soutient une thèse d’état en sociologie.

En 1974, Louis Porcher devient directeur du CREDIF, centre de recherche et d’étude pour la diffusion du français au sein de l’ENS, école d’enseignement supérieur.

La même année, il est nommé expert auprès du Conseil de l’Europe en langues vivantes, spécifiquement pour l’éducation aux migrants (et auprès de la Commission européenne). Il y restera jusqu’en 1993.

En 1982, il est nommé conseiller technique auprès du ministre de l’Education nationale, Alain Savary, pour le français langue étrangère et devient le principal instigateur de la création des filières FLE, mention de la licence et maîtrise de FLE, suivies en 1985 par la création du premier DESS, diplôme d’études supérieures spécialisées en FLE, diplômes considérés aujourd’hui comme les ancêtres des masters en FLE.

En parallèle, il crée les diplômes du DELF (diplôme élémentaire de langue française) et le DALF (diplôme approfondi de langue française), permettant aux étudiants étrangers de certifier leur niveau en langue. Ces diplômes officiels, délivrés par le ministère français de l’éducation nationale, sont construits à partir d’unités capitalisables (A1, A2, B1, B2, C1, C2) correspondant aux niveaux de compétences en langue du CECRL, cadre commun de référence pour les langues, établi par le Conseil de l’Europe.

Au cours de sa carrière, Il appartient successivement à six sections du CNU (conseil national des universités) : philosophie, psychologie, sociologie, linguistique, sciences de l’éducation, sciences de l’information et de la communication. Ces changements, s’ils ont été préjudiciables pour sa carrière universitaire, « révèlent la profonde richesse intellectuelle de Louis Porcher et son caractère protéiforme », ainsi que le soulignent Dominique Groux et Henri Holec dans la préface des « Mélanges offerts à Louis Porcher ». Ils enchaînent : « Atypique dans le milieu universitaire et inclassable Louis Porcher a été un pionnier dans de nombreux domaines : l’éducation interculturelle, l’éducation comparée et l’éducation à la citoyenneté ; les médias ; le français langue étrangère ». (Une identité plurielle, Mélanges offerts à Louis Porcher, L’Harmattan, 2003, p.11)

En 25 ans, il a conduit plus d’une centaine de doctorants à la soutenance, dans les sections de Sciences de l’Education, Sciences de l’information et de la communication ou de Sciences du langage, à Paris Descartes et à Paris III Sorbonne-Nouvelle.

En 1986, il fonde l’Asdifle, qui demeure la principale association du champ.
A sa retraite en 2000, il décide de consacrer son temps à l’écriture, sa vraie passion et fonde une collection chez l’Harmattan, Mémoires infidèles, dans laquelle se retrouve la plupart de ses œuvres de fiction ou d’autofiction, comme il aimait à les définir.

Louis Porcher lors d’un échange sur le pouvoir des langues :